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"Métro, boulot, salauds !" : un projet 100% engagé

"Métro, boulot, salauds !" : un projet 100% engagé

Le projet "Métro, boulot, salauds !" : reconstituer une rame de métro dans une classe, et faire vivre une expérience unique. Grâce au procédé de la bichromie, et à l'aide de lunettes bleues et rouges, les visiteurs basculaient dans l'ambiance oppressante du métro vécue par les femmes au quotidien.

 

 

Ce dispositif dénonce les violences faites aux femmes dans les transports en commun en recréant une rame de métro qui, avec l'utilisation des lunettes 3D, transforme les stations "Place des fêtes" ou "Vavin" en "Place des Fesses" et "Vagin". Bande son, atmosphère, tout était là afin de créer une ambiance pesante et désagréable pour les visiteurs. Et pourtant, ils ont tous adoré !

Nicolas Nargeot, étudiant en Licence Management de Projets en Communication en Industries Graphiques, initiateur du projet et porte parole du groupe projet nous partage son ressenti sur cette expérience.

 

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"L’essence même du projet est de recréer le sentiment d’oppression que subissent les femmes dans leur quotidien et à plus forte raison dans les transports. Comment ? En recréant une rame de métro qui touchera l’ensemble des sens de chacun.  L’enjeu ? Dénoncer un fait banalisé à tord, que nous avons tous accepté en rendant ces pratiques normales. Dénoncer la banalisation des femmes qui doivent toujours réfléchir à comment se comporter, s’habiller, comment rentrer, comment se maquiller, est ce-que c’est trop ou pas assez. C'est une pression quotidienne dont on ne parle jamais. Nous avons anesthésié notre conscience. Nous avons consenti à devenir inactif. Rien n’est fait ? Rien n’est dit ? Nous le faisons."

 

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"L’idée de dénoncer et de pouvoir essayer de faire changer les choses est profondément ancrée en moi et continue de grandir chaque jour par mes passions et mes rencontres. J’ai découvert le pouvoir de transmettre et partager visuellement via la photographie. J’avais donc, depuis quelques années, d’ores et déjà, des projets dénonçant ces faits subis par les femmes. C’est un sujet qui me tient profondément à cœur par mes expériences personnelles, familiales, amicales et surtout parce que ça ne peut plus durer tout simplement (si tenté que ce soit simple). Et sa banalisation dans notre quotidien, par énormément d’actes, me met hors de moi. Je réfléchis souvent aux projets en amont. Pour le métro, c’est notamment suite à une vidéo d’un homme qui prend la place d’une femme. Je me suis donc demandé : comment pourrait-on mettre en place une installation pouvant recréer ces situations et pour ressentir ce que les femmes vivent au quotidien ? La rame de métro faisait donc partie des premières idées. Elle s'était déjà développée dans ma tête depuis quelques semaines. Lors de la présentation de nos idées pour Plein la vue, j'ai décidé que c’était le bon moment pour présenter ce projet."

 

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"De ce que j’ai pu lire, lors des JPO, à travers les regards et les échanges, c’est une émotion forte. L’émotion de s’inscrire dans un renouveau, d’être entendu et de faire entendre un sujet passé sous silence, de partage. L’émotion de fierté d’avoir monté un tel projet. Pour ce qui est de mon ressenti personnel, il est difficile de se sentir fier. Je souhaiterais un monde utopique où nous n’avons pas à faire de tel projet pour faire comprendre la bêtise humaine quotidienne. Mais il est temps de prendre part et pour cela nous pouvons être fiers. Et je suis fier que ce projet ai été mené à son terme. Fier de voir son impact que je n’avais pas imaginé. Fier d’avoir vu des personnes prendre conscience. Fier de voir l’équipe unie pour un enjeu humainement et socialement essentiel qui nous tenait à cœur. Et je serais fier que nous puissions emmener ce projet plus loin. Il reste beaucoup à faire. Que ce soit sur le projet ou dans les mentalités qui doivent non pas changer, mais entamer une mutation profonde ancrée dans nos vies. Donc merci à ce projet d’exister."

 

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"Je n’ai jamais été un adepte de faire des projets sans aucun sens derrière. Je cherche toujours à ce que chaque projet puisse toucher, atteindre émotionnellement, porter une réflexion, enclencher des échanges, dénoncer. Ce n’est donc pas important, c’est essentiel. Nous avons l’opportunité dans notre quotidien, et à Gobelins, de nous exprimer. De porter des convictions. D’avoir un impact potentiel. Tout prend un sens dans le partage, dans l’échange et en nous. Je n’incite pas. Je ne suis personne pour inciter quiconque à faire quelque chose. Mais j’invite tout le monde à s’exprimer. Il est temps d’agir au quotidien pour étouffer ces banalités. Pour être responsable d’un mouvement. Un mouvement visant à améliorer un quotidien honteux. À dénoncer. À hausser le ton. J’invite chaque personne à prendre conscience de sa place, de son impact potentiel. Chaque personne peut s’exprimer, peut se faire entendre par n’importe quel moyen.  Il y a des éléments que l’on ne peut plus tolérer désormais en 2020. On ne peut plus se taire. Et nous avons l’occasion d’être une voix. Plusieurs voix. Et notamment au sein de Gobelins."

 

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"Je voudrais remercier toute l’équipe qui a pu mener à bien ce projet. Sans eux, rien n’aurait été possible : Aurore Lang, Camille Demoncy, Lucie Gingast et Manon Gouin. Les designers graphiques qui ont produit un travail incroyable avec passion et envie : Axelle Erphelin, Louise Heupel, Matthieu Legrand, Méryl Conan et Sarah BrrUne mention particulière aux personnes qui se sont également mobilisées lors de la construction et de l’installation du métro : merci à Amandine Auroy, Axel Carpentier, Camille Hue, Clémence Gendry, Jeff Wang et Lucie Vincent. 
Et enfin, un immense merci à Joris Ferlet et Philippe Auclère qui nous ont accompagnés quotidiennement pour mener le projet à son terme.
"

Publié le 2 mars 2020

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