Formation continue

Documentariste/réalisateur de documentaire : formation, salaire, emploi

Documentariste/réalisateur de documentaire : formation, salaire, emploi

Comment devenir documentariste ou réalisateur de documentaire ? 

Toute production audiovisuelle n’est pas nécessairement de la fiction. Pour celles et ceux que la réalité et le quotidien passionnent, le documentaire s’imposent rapidement comme la meilleure voie.

S’il n’existe pas de formation à proprement parler au métier de documentariste, être réalisateur documentaire ne s’improvise pas.

Plus qu’un choix professionnel, c’est une vocation reposant avant tout sur des sensibilités personnelles et des compétences humaines.

Rebecca Boulanger, documentariste depuis 26 ans et intervenante en formation continue depuis 2011 à GOBELINS, a accepté de nous parler de son parcours, sans filtre et avec passion.

Qu’est-ce qu’un documentariste ?

Il est important de distinguer le documentariste (ou réalisateur documentaire) du grand reporter. En effet, si les deux métiers peuvent sembler similaires, l’approche est quant à elle très différente.

Le journaliste cherche avant tout des réponses à une série de questions par le spectre d’un “angle journalistique”.

Le documentariste, lui, cherche à proposer un regard plus personnel sur un sujet, une réflexion à la subjectivité assumée. Sa démarche repose sur “l’enjeu”, en d’autres termes : la question universelle qui va sous-tendre le thème.

Par exemple, prenons le cas d’un documentaire sur les processus d’adoption des enfants à Tahiti. Il s’agira du thème. L’enjeu plus global sera la question de la parentalité abordée par le biais de ce thème.

Le documentaire est avant tout une démarche d’auteur au travers de laquelle le réalisateur raconte quelque chose de lui-même.

 

Quelles sont les missions d’un documentariste ?

Elles sont très nombreuses ! Je vais essayer de les énumérer par ordre chronologique : 

  • Trouver des idées de sujet bien évidemment,
  • Ecrire le projet documentaire,
  • Trouver un producteur qui soit attentif à ce projet. On le choisira généralement suivant ses qualités et affinités personnelles ainsi que ses relations avec telle ou telle chaîne de télévision,
  • Défendre le projet avec l’aide du producteur,
  • Ecrire un scénario complet dès que l’on obtient l’approbation de la chaîne. Cela inclura le détail des séquences, des personnes impliquées, du dispositif de réalisation (caméra, éclairage, besoins musicaux, archives),
  • Réaliser le planning de tournage et choisir ses équipes (chef opérateur et si possible ingénieur du son),
  • Procéder au tournage : à ce moment, le rôle du documentariste est primordial. C’est lui qui communique son intention à ses équipes et indique ses besoins sonores notamment. Un vrai travail de réalisateur !
  • Dérusher et monter le documentaire avec l’aide d’un monteur,
  • Défendre son film auprès du diffuseur (la chaîne),
  • Terminer par la post-production et l’étalonnage.
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Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Être grand reporter était un rêve de petite fille.

Pour autant, je n’ai pas vraiment suivi de cursus audiovisuel à la base. Je suis passée par des études universitaires en Histoire puis en Cinéma.

Je me suis ensuite orientée vers la presse écrite. J’ai ainsi pu collaborer avec des titres comme l'Équipe, Moto Journal, VSD durant plusieurs années.

De fil en aiguille, j’ai pu réaliser mes premiers reportages TV pour «Le Magazine Olympique» et «Tout le Sport» sur France 3 par exemple.

Pour autant, je ne me sentais pas complètement légitime dans cette posture de journaliste. C’est pourquoi j’ai abandonné ma carte de presse et me suis lancée dans le documentaire.

J’ai adopté définitivement cette posture de réalisatrice avec la naissance de La Cinquième en 1995. Et depuis, cette envie de faire des films ne m’a jamais quittée.

En 26 ans, j’ai ainsi réalisé près de 80 documentaires et magazines dans plus de 25 pays à travers le monde. 

Si je devais mentionner les plus marquants :  

  • "Les larmes bleues du glacier" pour France 5 en 2011,
  • "Les momies des tourbières, des corps pour les dieux " pour Arte en 2015,
  • "Bois de rose : un parfum d'Amazonie" sur Planète + en 2015,
  • "USA, un printemps suspendu" pour France 5 en 2008,
  • “Space Ladies : embarquement différé” pour Planète en 2002,
  • “AIL LOVE YOU” pour France 5 en 2018.
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Quelle formation pour devenir réalisateur documentaire ?

Il n’existe aucune formation à proprement parler. Tous les chemins sont possibles finalement.

Ce qui est déterminant, c’est la capacité à écrire et à maîtriser l’outil audiovisuel.

Il est cependant possible de compléter sa formation initiale une fois adulte par le biais de la formation continue.

En 2011, j’ai ainsi créé un cursus au sein de GOBELINS permettant à des personnes expérimentées telles que des producteurs, des chefs opérateurs ou des journalistes de se mettre à l’écriture documentaire.

Ce stage, baptisé Du reportage au documentaire, porte bien son nom puisqu’il s’adresse à des professionnels du reportage qui ne possède pas encore le regard nécessaire à l’élaboration d’un documentaire.

Mon rôle est de leur enseigner l’écriture propre au documentaire, d’affiner leur vision et de les sensibiliser à la notion d’enjeu.

Le but ultime étant de les aider à constituer un dossier et un projet de documentaire.

 

Quelle sont les compétences premières du documentariste ? 

D’un point de vue technique, le réalisateur de documentaire doit, comme je le disais, savoir écrire et bien connaître l’outil audiovisuel.

Il doit par exemple être à même de choisir le bon objectif pour ses prises de vue mais aussi donner du sens au son et aux images et avoir une excellente culture audiovisuelle.

Mais le plus important, et de loin, sont les qualités humaines, l’empathie et la capacité à écouter en tête. C’est absolument INDISPENSABLE au métier !

Il faut avoir l’envie de raconter des histoires basées sur le réel et de partager son regard à un large public.

Il faut également savoir faire preuve de curiosité et d’audace mais aussi de flexibilité et, bien évidemment, savoir travailler en équipe et surtout en prendre soin.

 

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À quel salaire le réalisateur de documentaire peut-il prétendre ?

Il faut tout d’abord comprendre que le documentariste est payé au forfait pour ses missions. Ce forfait englobe l’écriture, le tournage et la post-production. 

La profession ne possède pas de convention collective. Par conséquent, il n’existe pas de salaire minimum.

Cependant, le barème classique pour un documentaire télé de 52 minutes s’échelonne de 5000 à 25000€.

Quand tout se passe bien, nous sommes payés aux deux tiers en “salaire” et le tiers restant en “droits d’auteur”.

 

Pouvez-vous décrire le marché de l’emploi du documentariste ?

Depuis quelques années, les chaînes de télévision recherchent de plus en plus de véritables couteaux suisses, ce qui peut tirer la qualité des productions vers le bas.

Il faut savoir s’affirmer et jouer des coudes afin d’imposer ses idées et sa créativité tout en répondant aux exigences thématiques et budgétaires de la chaîne.

La détermination personnelle est devenue absolument primordiale !

 

Y a-t-il des documentaristes ou des oeuvres que vous aimeriez recommander aux lecteurs ?

Je m’inspire de personnes très différentes dans mon travail mais si je ne devais en retenir que deux, ce serait définitivement Chris Marker et Frederick Wiseman.

Vous pouvez retrouver le travail et le parcours complet de Rebecca Boulanger sur son site professionnel : http://www.rebecca-boulanger.fr

 

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Publié le 2 juillet 2019

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