Formation continue

Devenir Webdesigner selon un professionnel : formation, emploi, salaire

Devenir Webdesigner selon un professionnel : formation, emploi, salaire
Le métier de webdesigner (freelance ou en poste) vu par un intervenant pro de GOBELINS
 

Aujourd’hui, nous recevons Yann Vidal, webdesigner spécialisé dans Wordpress et intervenant professionnel en formation continue à GOBELINS.

Avec près de 30 ans d’expérience dans les métiers du graphisme, Yann a fait évoluer sa pratique pour y intégrer pleinement le numérique.

Il partage avec nous son parcours mais également sa vision du métier ainsi que les perspectives de salaire, sans filtre.

 

yann_vidal_webdesigner.jpg
Yann VIDAL

 

Avant toute chose, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et ton parcours ?

Je m’appelle Yann Vidal, je suis webdesigner depuis les années 2000 et spécialisé dans Wordpress depuis les années 2010.

Plus jeune, je n’aimais pas beaucoup l’école. J’ai suivi un BEP en fin d’année de 3ème qui ne m’intéressait pas du tout. Puis, j’ai passé un an en intérim à tout juste 18 ans et j’ai rapidement compris que commencer à travailler à mon âge ne me conviendrait pas.

Je suis donc retourné sur les bancs de l’école à l’ESAM Design à Paris et j’ai été embauché au sein d’une agence à la fin de mon cursus en 1992. 

L’agence a par la suite vivoté et changé de nom pour être rachetée. Puis, elle a fini par acquérir elle-même d’autres agences, c’est pourquoi je ne l’ai jamais vraiment quittée. J’y suis resté jusqu’à une perte conséquente de clientèle et un licenciement économique en 2010.

J’ai profité de cette période pour renforcer mes compétences techniques en me formant à GOBELINS. Le cursus s’appelait alors “Du graphisme traditionnel au webdesign”.

C’était vraiment très motivant. Je pouvais même veiller jusqu’à 3 ou 4h du matin pour refaire les exercices.

Comme nous étions un petit groupe, nous avons terminé le programme avec deux jours d’avance. Nous avons profité du temps restant pour explorer Wordpress qui était totalement hors programme. Cela a été une vraie révélation pour moi.

A l’issue de cette formation, j’ai démarré mon activité d’indépendant en tant que webdesigner Wordpress. 

En 2013, le formateur avec qui j’étais resté en contact m’a rappelé pour me proposer de remplacer un autre intervenant de GOBELINS. J’ai accepté et j’y enseigne depuis.

J’interviens également dans d’autres centres de formation en parallèle du freelancing.

 

Pourquoi as-tu fait le choix de devenir webdesigner ?

J’ai toujours été intéressé par l’image et ma formation de base est celle d’un graphiste.

J’ai un parcours professionnel assez classique finalement puisque je suis passé par une agence au sein de laquelle j’ai été maquettiste puis directeur artistique.

Au début de ma carrière, nous n’avions pas d’ordinateur pour travailler. Je me suis réellement formé au numérique par palier et suis venu progressivement au webdesign avec la nécessité de maquetter des sites internet.

J’avais suivi une formation Flash à l’époque, ce qui m’a permis de réaliser quelques sites. Puis, j’ai évolué vers HTML et CSS avant de découvrir Wordpress.

J’ai continué d’explorer de nouvelles disciplines telles que l’UX et l’UI en élaborant des parcours utilisateurs et en concevant des interfaces pour différentes applications

 

À quoi ressemble le métier de webdesigner en 2020 ? 

Pendant un temps, le webdesigner réalisait des maquettes qu’il devait valider auprès du client. C’était ensuite au développeur intégrateur de traduire ces maquettes pour le web.

Cependant, il arrivait aussi que les créatifs et les développeurs ne se comprennent pas, ce qui donnait lieu à des écarts de qualité terribles.

L’évolution est réellement venue de l’émergence des CMS, et de Wordpress en particulier, puis de l’arrivée des thèmes premium et des pages builders il y a sept ou huit ans.

Aujourd’hui, un webdesigner ne se contente plus de livrer des fichiers PSD (Photoshop) et de laisser au développeur le soin de faire le reste. 

Il doit pouvoir agir jusqu’à la mise en ligne, pratiquer ce que j’appelle le “dev design”. Autrement dit, être en mesure de maquetter directement sur Wordpress via un builder solide tel quElementor.

elementor, page builder pour wordpress

Aperçu du page builder Elementor - Crédit Photo Elementor

 

Un bon webdesigner doit aussi être en mesure d’hériter ou de créer une identité visuelle et de la déployer intelligemment. De même, de solides notions d’édito, d’UX et de référencement naturel sont indispensables.

Concrètement, un webdesigner est un professionnel qui comprend les besoins exprimés par son client, organise les méthodes de production, gère l’environnement technique afin de ne pas être dépendant d’un développeur et met en oeuvre l’univers graphique. 

 

Quel est le déroulement d’un projet “classique” ?

Il n’y a pas de projet type bien sûr puisque chaque cas est unique et dépend à la fois du domaine d’activité et de la structure du client.

Pour autant, il est toujours nécessaire de comprendre l’intention, de définir les grands objectifs et les objectifs plus spécifiques et de prioriser les actions à mettre en œuvre selon le budget et les délais.

Une fois tout ceci réalisé, on peut mettre en place l’environnement technique, à savoir installer Wordpress et le thème choisi puis modéliser le futur site avec Elementor.

On sollicite ensuite le client pour obtenir les textes, images et vidéos et des prestataires externes pour fournir davantage de matière si nécessaire.

Un site réussi est un site qui satisfait le client et l’utilisateur et qui ne se démodera pas avant quatre ou cinq ans. 
Pour le commanditaire, le montant engagé ne doit pas être une dépense mais un investissement !

 

Quelles sont les compétences indispensables du webdesigner ? 

Être à jour des possibilités techniques est fondamental. Il faut être en veille permanente afin de proposer des réponses pertinentes.

Il faut garder en tête que le client hérite de centaines d’heures que le webdesigner aura passé à s’auto-former. Et c’est finalement un gain de temps et d’argent pour les deux parties.

Il est très important aussi de savoir garder ses distances afin de bien comprendre les intentions du client et matérialiser ce qui peut être dormant dans son esprit.

Il faut enfin être à même d’évaluer la charge de travail nécessaire à une prestation et fixer ses tarifs journaliers selon son positionnement. 

 

Peux-tu nous en dire plus sur ton expérience d’intervenant en formation continue à GOBELINS ?

J’interviens sur 2  modules : 

Ces formations ont lieu plusieurs fois par an et à chaque session, je me rappelle que j’étais à leur place en 2010. 

Certains stagiaires veulent monter en compétences, d’autres sont en reconversion ou financés par Pôle Emploi. Pour une partie d’entre eux, cette formation est cruciale et peut potentiellement orienter leur activité professionnelle pour les années à venir.

Je le vois dans leur regard et j’y suis très sensible. C’est pourquoi je personnalise au maximum les exercices pour qu’ils puissent se projeter dans la situation que je décris.

Par exemple, je prends toujours une journée pour réaliser une mise en situation en détaillant qui est la concurrence, comment elle se structure et comment elle fonctionne.

Bien sûr, il est nécessaire d’aborder la technique propre au CMS, les passerelles print et web, les règles typographiques et les principes de mise en page.

Mais il est impossible de dissocier cette technique applicable par tous d’une mise en situation beaucoup plus personnelle qui aidera le stagiaire à devenir un prestataire indépendant, à se vendre, à se distinguer et à être sollicité.

 

Sur quels types de projets travailles-tu le plus souvent ?

J’ai 2 grands types de projets au quotidien : 

  • Les partenariats avec les agences qui me donnent la possibilité de travailler pour des grands comptes ou des PME,
  • La clientèle directe qui est beaucoup plus variée avec des entreprises de tous les secteurs.

Toutefois, les tendances peuvent changer d’une année sur l’autre. En ce moment, je suis régulièrement sollicité par des startups “Fintech”. Il a deux ou trois ans, il s’agissait plutôt de startups dans l’IA.

Les types de projets se distinguent aussi par leur durée. Par exemple, je peux travailler en one shot sur un site ou proposer une prestation de création et de maintenance de site sur plusieurs mois/années.

C’est ce que je fais pour FSM, un bailleur social que j’accompagne depuis cinq ans maintenant.

J’ai d’abord été contacté pour des besoins en intranet. Puis j’ai été en charge du site institutionnel. Cela me permet de suivre leur évolution et souligne la nécessité d’être constant, disponible et enthousiaste sur la durée.

site internet de FSM

Site internet de FSM

 

Quel est le salaire d’un webdesigner freelance ? 

Personnellement, je travaille essentiellement par recommandation. Je ne fais donc pas de prospection.

J’effectue mes missions en télétravail afin de privilégier la production aux déplacements et je fixe mes prix à la journée, à l’heure ou au forfait.

Mes tarifs de freelance à l’heure s’élèvent à 80€. Mon tarif jour dépend, quant à lui, de la prestation et de la durée de collaboration. Globalement, il se situe entre 500 et 700€ par jour.

 

Comment les webdesigners se rendent-ils visibles aux yeux des prospects ou des recruteurs ?

Les sites spécialisés aident beaucoup.

Lorsque l’on démarre, s’inscrire sur Malt et proposer un tarif accessible est un bon moyen d’être sollicité. Réussir à intégrer Crème de la Crème est également un excellent point d’entrée.

Les premiers mois, il ne faut pas hésiter non plus à travailler sur quelques sites à titre gracieux pour gagner de l’expérience, construire un portfolio (sur son propre site, sur Behance ou Dribbble) et obtenir de premières recommandations.

Par la suite, il est possible de pousser plus loin sa communication en étant présent sur LinkedIn et Twitter ou en publiant des tutoriels sur Pinterest par exemple.

homepage de behance

Homepage de Behance

 

Si tu avais un conseil à donner à un débutant ?

Être constamment en veille !

Je me nourris énormément de tutoriels disponibles sur Youtube ou sur Pinterest. C’est une question de curiosité et de passion.

Bien entendu, il ne faut pas compter trop précisément les heures passées devant l’écran. Pour autant, il ne faut pas s’oublier. Vivre pleinement sa vie et vibrer au quotidien sont les meilleures façons de bien comprendre chaque projet.

Enfin, je déconseille vraiment de travailler seul au démarrage. Les coworkings ou les collectifs sont de bonnes options. On y rencontre d’autres webdesigners mais également des développeurs et experts en UX qui seront autant d’apporteurs d’affaires plus tard.
 

 

Vous souhaitez en savoir plus sur nos formations : 

LE CATALOGUE DES FORMATIONS DESIGN INTERACTIF / WEB À GOBELINS

Formations et programmes détaillés : 
Lucette Berbinan - 01 40 31 41 33  ou demande d'infos

Formations sur mesure / Intra pour les entreprises
Laetitia Denoyelle - 01 40 79 92 25  ou demande d'infos

Publié le 14 mai 2020

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