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Devenir UX Designer : métier, formation, salaire et parole d'experte

Devenir UX Designer : métier, formation, salaire et parole d'experte
georgejmclittle-AdobeStock

Vous souhaitez devenir UX Designer ? GOBELINS vous propose un dossier exceptionnel pour tout connaître du métier !

- Dans une 1ère partie, nous reviendrons sur les formations et les compétences nécessaires ainsi que sur les perspectives d’emploi et de salaire attendues pour ce poste.

- Dans une 2ème partie, nous accueillerons Carole Laimay, experte de l’UX et intervenante à GOBELINS, pour un entretien passionnant sur la méthodologie, le freelancing et le futur de l’expérience utilisateur.

 

 

Partie 1 - Devenir UX Designer : le métier, la formation, le salaire

L’UX Design est une étape de la conception centrée utilisateur au cours de laquelle l’UX Designer va concentrer son travail sur l’identification des besoins, des attentes, des motivations et des comportements des utilisateurs d’un produit ou d’un service, qu’il soit numérique ou non.

Ainsi, une application mobile ou un site web sont des produits au service de l’utilisateur, au même titre qu’une machine à expresso, un automate de paiement de parking ou un ascenseur

Plus globalement, c’est l’expérience complète de l’utilisateur qui va faire l’objet de toutes les attentions. Ainsi, dans le cas d’un jeu vidéo, c’est non seulement l’expérience du jeu lui-même qui va être analysée, mais également les motivations qui vont amener un individu à jouer, l’univers dans lequel le joueur va évoluer et toute la vie autour du jeu à travers sa communauté.

Dans le cas d’un automate d’achat de billet de train, l’expérience utilisateur tiendra compte de l’environnement dans lequel est utilisé l’automate (bruit, foule), la situation émotionnelle de l’utilisateur (il est en retard donc stressé), etc. Autant de projets et situations variées à explorer, décortiquer, analyser, terrains de jeu de la créativité.

Découvrez notre formation professionnelle à l'UX Design

 

L’UX Designer interviendra en amont du projet afin de récolter toutes les données sur les utilisateurs, identifier leur problématique, leur motivation, etc. Il pourra être amené à travailler avec des équipes marketing, des sociologues, des spécialistes des sciences comportementales, …, sans oublier les utilisateurs eux-mêmes !

Il devra ensuite exploiter et analyser toutes les données récoltées pour en restituer des éléments d’aide à la décision comme les personas ou les experience maps (cartographie de l’expérience utilisateur).

Ce n’est qu’après ces étapes et exploitations de ces éléments avec l’UX Designer que les équipes créatives (tels que les webdesigners) et techniques interviendront pour donner vie au premier prototype du service ou produit, si possible très tôt dans le projet (il est même possible de faire un prototype avant d’impliquer les équipes créatives et techniques, on parle alors de MVP - Minimum Viable Product ).

L’idéal est de générer plusieurs itérations entre les équipes et les utilisateurs afin de tester plusieurs prototypes et les améliorer rapidement avant que le projet ne soit trop avancé et ne permette plus de faire machine arrière.

L’UX Designer ne devra pas être confondu avec l’UI Designer (pour User Interface), qui travaille lui sur la phase de réalisation du produit ou service en proposant des interfaces adaptées aux utilisateurs.

Il interviendra donc après l’UX Designer dans un projet, cela ne les empêchant pas de travailler ensemble. D’ailleurs, beaucoup d’UI Designers évoluent vers l’UX dans un souci de meilleure compréhension et connaissance des utilisateurs.

 

Les compétences de l’UX Designer

Le métier d’UX Designer étant principalement tourné vers les utilisateurs, les compétences comportementales seront naturellement privilégiées :

  • L’empathie,
  • L’écoute,
  • La curiosité et la créativité,
  • L’organisation,
  • Être capable de travailler en équipe, gérer des groupes et être plus que sensible aux méthodes agiles.

Ces “soft skills” seront à compléter par des compétences techniques :

  • L’analyse de données,
  • L’architecture de l’information,
  • Le reporting et la documentation,
  • Les outils de prototypage : Sketch, InVision, Adobe XD, outils auxquels GOBELINS forme en complément des formations sur l’UX Design,
  • La connaissance des logiciels de création graphique comme Adobe Illustrator, Photoshop et InDesign ou des connaissances des langages front-end comme HTML/CSS sont souvent demandées, mais elles ne doivent toutefois pas être prioritaires dans ce métier...

 

Formation d’UX Designer : par où commencer ?

Il n’y a pas aujourd’hui de parcours “type” pour devenir UX Designer. En effet, tout dépendra des formations ou expériences précédentes. Sociologie, ergonomie, marketing, direction artistique, webdesign, développement, sont autant de domaines propices à servir de base à une formation dédiée à l’UX.

Formation courte, longue et diplômante, certifiante, toutes les formations nécessitent de s’être intéressé au sujet de l’UX et surtout d’avoir bien mesuré sa propre prédisposition à ce métier.

En effet, si l’apprentissage des différentes étapes et outils d’une méthodologie UX ne pose à priori pas de problème (même si chacun devra ensuite se construire sa propre méthode en fonction de ses affinités avec les outils, les projets et les clients, sans oublier de développer sa propre créativité), il en va autrement pour l’empathie et l’écoute...

 

Métier d’UX Designer : quel salaire et quels postes ?

Un UX Designer très junior, sortant fraîchement de l’école sans expérience professionnelle (BAC +3 minimum), pourra espérer un salaire démarrant entre 27 et 30 K€ brut annuel.

Un UX Designer junior bénéficiant d’une expérience professionnelle dans un domaine connexe (webdesign, DA, …) pourra prétendre à des fourchettes de salaire entre 30 et 45K€.

Pour un UX Designer sénior avec plusieurs années d’expérience, le salaire pourra dépasser les 60K€ (voir l’enquête annuelle sur l’emploi et les salaires du design interactif).

Le métier d’UX Designer pouvant s’exercer en agence, chez un annonceur, en prestataire d’une SSII ou en freelance, les tarifs journaliers peuvent varier de 600 à plus de 1500€, en fonction de l’expertise demandée.

En tout état de cause, il faudra penser à chacune des missions à se constituer une sorte de portfolio ou book de projets, si possible avec des KPI (Key Performance Indicator) prouvant la valeur finale (ou pas) du produit ou service développé.

Ne pas oublier qu’un projet qui a échoué est une expérience au même titre qu’un projet réussi, si tant est que l’on ait identifié les causes de l’échec…

Les compétences d’UX Designer étant extrêmement recherchées actuellement, tant dans les grandes, moyennes ou petites entreprises que dans les domaines du luxe, de la banque, des assurances, de la communication, des transports, … il n’est pas rare, pour quelqu’un de compétent, de changer d’employeurs, de projets ou de clients tous les 6 mois à peine.

Ensuite, après quelques années d’expérience, l’UX Designer pourra évoluer vers des postes de Lead UX, UX manager, Head of UX, UX strategist, ou se spécialiser dans l’un des champs de l’UX comme la recherche utilisateur (User research).

Sans oublier, que tout un ensemble d’autres spécialités s’accaparent aujourd’hui les compétences de l’UX Design : on parle ainsi de SXO (Search eXperience Optimization), CXO (Customer eXperience Optimization), UX writing, ….

Illustration par l’exemple :
Et parce qu’à GOBELINS on ne perd pas de temps, dès leur arrivée dans les locaux, les élèves et stagiaires sont mis en situation d’une mauvaise expérience utilisateur ;-)

Exemple UX design ascenseur de GOBELINS

 

Partie 2 - Entretien avec une professionnelle : Carole Laimay

Comment es-tu devenue designer d’expérience et quelles sont les compétences requises ? 

J’ai suivi une formation initiale d’ergonome durant laquelle j’ai découvert la méthode centrée utilisateur.

J’ai alors réalisé au fur et à mesure que cette démarche pouvait parfaitement s’appliquer au design. C’est comme cela que je suis devenue UX Designer. 

Je me suis lancée en freelance il y a cinq ans après avoir exercé plusieurs années en ESN (ndla : entreprise de services du numérique) et dans des agences spécialisées dans l’UX en tant que consultante.

Lorsque j’ai débuté, le marché et les compétences étaient plus resserrées. Un webdesigner par exemple pouvait couvrir l’ensemble du spectre du design d’expérience jusqu’au développement. On ne parlait pas d’UI ou de SEO à cette époque...

Aujourd’hui, les technologies ont beaucoup évolué et les métiers se sont hyper spécialisés.

Si elle le souhaite, une personne qui travaille avec les méthodes UX peut ainsi se tourner vers : 

  • La recherche utilisateur : où l’on mobilise l’écoute active,
  • La stratégie produit / service qui requiert esprit de synthèse et analyse,
  • La conception, où prise de recul et précision dominent puisque l’on pratique le maquettage,
  • Et bien d’autres domaines !

Mais pour chaque profil, même les plus transverses, il est nécessaire de savoir faire preuve d’humilité et de remise en question. 

La rigueur est également essentielle pour limiter au maximum l’impact des biais sur notre travail, même si c’est une tâche complexe.

D’une manière générale, le métier d’UX Designer demande une grande curiosité et une envie d’évoluer, de se former.

Personnellement, je participe à de nombreuses conférences, rencontres ou meetups qui me permettent de continuer de progresser.

J’ai aussi suivi plusieurs formations courtes à l’accessibilité numérique, à l’animation de groupe et, plus récemment, à la facilitation grâce à LEGO® SERIOUS PLAY®

 

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Carole Laimay par MrTimmy

 

Qui sont les entreprises qui te contactent et pour quels types de projets ? 

C’est très large ! J’interviens autant pour des grands comptes que des associations, des startups ou des acteurs publics.

Chaque projet est différent. Pour autant, il existe une méthode socle que j’utilise et dans laquelle je pioche pour orienter mes propositions. 

Je pratique le sur-mesure suivant les besoins et le budget avec une spécialisation sur la recherche utilisateur et la stratégie produit. 

Un client peut ainsi venir me voir en amont de la conception afin de savoir si son service est cohérent pour les utilisateurs qu’il vise ou pour affiner sa vision produit. 

Je suis aussi contactée en aval. J’ai même travaillé sur l’évolution d’un logiciel de pharmacie qui avait 30 ans !

 

As-tu un socle méthodologique commun pour tes missions ?
Quelles sont les démarches que tu affectionnes particulièrement ?

J’utilise beaucoup les démarches de Design Thinking, d’agilité et de Lean UX car elles ont trois points communs : 

  • Elles sont centrées sur les usages,
  • Itératives,
  • Collaboratives.

Ces trois piliers constituent la base de mon travail mais je m’adapte en fonction de mes clients. Si l’entreprise qui me contacte est peu agile, je limite le processus itératif par exemple.

D’un point de vue “outils”, j’ai une affection particulière pour la facilitation qui m’amène à animer différents types d’ateliers : 

  • Des ateliers de stratégie produit durant lesquels on définit un business model,
  • Des ateliers d’intelligence collective où on encourage l’idéation (je m’inspire souvent des coachs),
  • Des ateliers de co-conception pendant lesquels les équipes travaillent sur les personas, l’empathy map ou l’experience map.
atelier-ux.jpg

Atelier d’UX

Quels sont les défis ou les difficultés que tu rencontres au quotidien ? 

Lorsque j’ai démarré, le public ne savait pas ce qu’était l’UX ou l’ergonomie. Lorsque j’essayais d’expliquer mon métier, on pensait tout d’abord à “la hauteur des chaises de bureau” et ensuite aux “tableaux de bord des voitures”. 

Aujourd’hui, le terme UX est devenu populaire. Peut-être trop puisqu’il est employé à tort et à travers. Tant et si bien que cela devient difficile pour les personnes qui ne sont pas du métier de s’y retrouver.

Mon plus gros challenge finalement, c’est d’expliquer ma profession avec pédagogie et de la démocratiser. L’UX est présente partout et contribuera, je le pense, à améliorer le monde dans lequel on vit à plus long terme.

D’un point de vue plus pratique, cette méconnaissance (légitime !) nécessite souvent de redéfinir la démarche du client en démarrage de mission. 

Parfois, nous sommes même consultés à un stade trop tardif du projet lorsqu’on nous appelle pour du maquettage par exemple alors que la stratégie est déjà faite.

 

Tu es formatrice aux GOBELINS pour la formation professionnelle certifiante à l’UX.
Comment se déroule-t-elle et quels sont les acquis attendus en fin de stage ?

Cette formation professionnelle à l’UX est un stage de vingt jours répartis sur sept à huit mois. Pour ma part, j’interviens sur l’ergonomie.

On y accueille beaucoup de développeurs, de graphistes ou de chefs de projet avec des projets de reconversion pour devenir UX Designers ou désirant tout simplement se former à l’UX pour mieux communiquer avec leurs équipes.

C’est un programme très complet mêlant théorie et pratique via la réalisation d’un projet réel en petits groupes, le tout accompagné d’un mentor (ce que je suis également). 

Les stagiaires doivent aussi rendre un mémoire individuel réalisé dans un contexte de travail, ce qui donne lieu à des productions très intéressantes !

Je me rappelle ainsi d’une développeuse qui souhaitait améliorer la collaboration entre les designers et les autres développeurs de son entreprise. 

Elle a rencontré chacun de ses collègues, les a interviewés afin d’identifier les points de blocage et a proposé une méthodologie pour surmonter cela.

Je me souviens aussi d’une autre stagiaire qui travaillait en tant que graphiste en milieu hospitalier et qui a choisi de mettre l’UX en pratique afin d’améliorer l’expérience patient au sein de l’établissement. Un mémoire passionnant !

 

atelier-lego-serious-play

Atelier UX en LEGO® SERIOUS PLAY® 

 

Quelles sont les perspectives d’emploi à l’issue de la formation ?
Recommandes-tu une voie professionnelle plutôt qu’une autre ?

La formation confère une connaissance générale du métier d’UX Designer. C’est ensuite à chaque stagiaire de continuer de se former individuellement pour se spécialiser.

Toutefois, un profil généraliste conviendra très bien aux petites structures. 

L’avantage également d’être en reconversion permet aux stagiaires d’avoir accès à un plus large panel de statuts grâce à leur précédent bagage. Se lancer en freelance n’est pas incohérent pour eux.

 

Comment entrevois-tu le futur de l’UX Design ? Quelles sont ses perspectives ? 

La tendance à la spécialisation n’est pas nouvelle et elle va continuer de s’amplifier avec la complexification des technologies. Les postes en UW Writing, UX Research ou UX Strategist sont par exemple de plus en plus courant.

La crise sanitaire a aussi accéléré le passage au distanciel par le biais d’ateliers et de cours en ligne. En peu de temps, nous avons dû faire preuve d’imagination pour trouver de nouvelles façons de travailler. 

Il y a enfin une vraie prise de conscience globale quant à la nécessité de penser des produits et des services plus éthiques et inclusifs. 

Cela fait directement écho aux mouvements #MeToo et Black Lives Matter et j’espère de tout cœur que cela va perdurer.

cours-ux

Cours sur l’ux

 

Si tu avais un conseil à donner à un futur UX Designer ?

Ce serait sans aucun doute d’être curieux et en apprentissage permanent. L’UX évolue sans cesse. Moi-même, je ne travaille plus maintenant comme je le faisais il y a encore quatre ou cinq ans.

Si le socle méthodologique reste identique, les outils informatiques ainsi que les ateliers évoluent très vite.

Il ne faut pas hésiter non plus à aller vers les autres pour progresser ensemble et partager de bonnes pratiques, même avec ses “concurrents” !

 

Des ressources ou des artistes à nous partager ? 

Les professionnels de l’UX sont très prolifiques mais si je devais conseiller trois ressources, ce serait :

  • Le livre Stratégies de design UX d’Antoine Visonneau, un ouvrage léger qui permet de découvrir l’ensemble des concepts et d’avoir une vue éclairante du métier quand on débute,
  • La chaîne Youtube de Nielsen Norman qui rassemble de courtes vidéos très bien faites sur des questions UX précises,
  • Les événements de l’association Flupa, dont les UX Days qui sont l’événement incontournable dans le domaine.

 

À titre plus personnel, j’aime beaucoup la bande dessinée et j’ai adoré Les Culottées de Pénélope Bagieu et Moi, ce que j'aime, c'est les monstres d’Emil Ferris. L’histoire est très prenante et l'œuvre entièrement réalisée au stylo bic. Le rendu est très impressionnant.

Nous remercions Carole Laimay pour sa disponibilité et sa bonne humeur et vous invitons à découvrir son travail sur son site professionnel. Carole tient aussi un blog sur lequel elle partage ses ouvrages de référence et des conseils pour faciliter des ateliers UX. 

 

 

VOS CONTACTS POUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE À GOBELINS :

  • Design interactif - Cinéma d'animation : Lucette Berbinan - 01 40 31 41 33 
  • Intra (sur-mesure) : Laetitia Denoyelle-Beuque - 01 40 79 92 25 
  • ​​Demande d'infos par mail

Publié le 17 janvier 2019

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