Formation continue

Devenir Storyboarder : le parcours d'un Boarder professionnel

Devenir Storyboarder : le parcours d'un Boarder professionnel
@GOBELINS, l'école de l'image - Aurélia Blanc

Boarder professionnel et formateur à GOBELINS, Rémy Brenot nous présente le métier de storyboarder et revient sur son parcours de plusieurs décennies d’expérience pour la publicité, le cinéma, la télévision et l’enseignement.

 

Qu’est-ce qu’un storyboard ? Qu'est-ce qu'un Storyboarder ?

Il y a autant de Storyboarders qu’il y a d’utilisation du storyboard. Tout dépend du projet, de sa finalité, de sa forme artistique et du média utilisé.

Quand on réalise le storyboard de son propre film d’animation ou d’un film d’auteur par exemple, il s’agit plus d’un pense-bête, de dessins plus ou moins élaborés qui permettent de placer les intentions visuelles sur le découpage du film.

Par contre, lorsque l’on est Storyboarder professionnel pour la publicité ou la prise de vues réelles, c’est totalement différent. Il y a souvent un travail d’illustrateur.

Le Storyboarder professionnel œuvre généralement à partir d’un découpage technique, plan par plan, rédigé en amont par le Réalisateur, un contexte qui n’est pas sans rappeler le tandem  “Concepteur rédacteur/ Directeur artistique” des agences de communication.

Les agences de publicité ou de communication, comme les producteurs de cinéma utilisent le storyboard comme un outil multifonction : parfois pour trouver des financements, mais en premier pour évaluer les coûts financiers et établir le budget d’un projet. 

En cours de pré-production, le storyboard permet de faire valider les propositions visuelles par les décisionnaires, les artistiques et/ou les financiers.

Le storyboard sert aussi à anticiper et résoudre les problèmes techniques qui peuvent résulter des choix artistiques.

 storyboard d’une publicité pour amora

Storyboard d’une publicité pour Amora - Cube Créative Compagnie, tous droits réservés

 

Enfin, il y a le Storyboarder de séries d’animation pour la télévision.

Je l’appelle aussi le Ghost Director car il est pour partie Metteur en scène, Directeur de la photographie, Animateur et Monteur mais sans en avoir les titres, ni toutes les compétences bien entendu.

Dans ce cas-là, la production fournit au Storyboarder un scénario de l’épisode, découpé en séquences avec des descriptifs d’action plus ou moins précis et les dialogues numérotés.

Le Storyboarder peut alors avoir une réunion de travail avec le Réalisateur ou le Superviseur de storyboard, mais ce n’est pas toujours le cas.

En se basant sur ce script et le dossier de références graphiques (planches modèles des décors, des personnages et des accessoires), il adapte visuellement le scénario et crée la mise en scène.

Il dessine les cadrages, le jeu des acteurs, les mouvements de caméra et rédige les indications techniques.

Le nombre de plans et de vignettes varie en fonction du standard de durée des épisodes de la série (en général 3, 7, 13 ou 26 minutes). 

À titre d’exemple, un épisode de 26 minutes correspond en réalité à 22 minutes utiles et comprend de 380 à 400 plans, ce qui représente environ 1800 vignettes dessinées par le Storyboarder… en seulement six semaines

Le Storyboarder doit gérer le découpage, la mise en scène, l’acting, les dialogues et le timing pour livrer une pré-animatique “brute”.

Ensuite, le Monteur avec l’aide du Réalisateur va réaliser une animatique définitive, sorte de storyboard filmé dans lequel on a réintroduit les dimensions temporelle (durée) et sonore (voix, bruitage, musique).

Une fois validés, le storyboard et l’animatique serviront de références durant toute la phase de fabrication, jusqu’au montage.

 

Finalement, ce que fait le Storyboarder n’est pas un script illustré ni une bande dessinée du film, mais une maquette poussée de l’épisode, un “presque film” ! 

 

Il suffit de regarder côte à côte un épisode diffusé et l’animatique correspondante pour voir le réel travail du Storyboarder.

 storyboard du film la carte de stefan le lay

Storyboard du film La Carte de Stefan Le Lay - Stefan Le Lay/Les Films du Varech, tous droits réservés

 

Quand as-tu commencé à dessiner et qu’est-ce qui t’a donné l’envie de devenir Storyboarder ?

Comme beaucoup au collège, j’ai été le “dessinateur de la classe”. Celui qui a une facilité pour reproduire les choses.

Mais rien d'extraordinaire…Je voulais faire de la bande dessinée…raconter des histoires avant tout…

À 19 ans, j’ai débuté dans la publicité comme Roughman / Illustrateur / Storyboarder indépendant pour de petites agences et y ai appris mon métier en le pratiquant sur “le tas”.

Plus tard, j’ai travaillé dans l’animation sur des longs métrages pour lesquels j’ai occupé différents postes techniques ou artistiques. C’est surtout la narration qui m'intéressait.

À l’époque, les opportunités de travailler comme Storyboarder étaient plus nombreuses sur les séries télévisées. J’ai donc pris cette direction tout en continuant, jusqu’à aujourd'hui, à pratiquer d’autres formes de narration comme la communication visuelle, la bande dessinée et l’illustration.

En parallèle de ces activités, j’ai commencé à enseigner à GOBELINS en 1995 et suis actuellement Intervenant dans le cadre d’une formation professionnelle à GOBELINS de 30 jours au storyboard. J’interviens aussi en formation initiale pour l’animation et le jeu vidéo.

 

Quelles compétences faut-il pour réaliser un bon storyboard ?

Tout d’abord, avoir un dessin clair, savoir raconter une histoire et pouvoir transmettre simplement une information.

Ensuite, ne pas oublier que c’est un métier au service d’un projet. Être capable d’identifier qui “est” son interlocuteur et manier le vocabulaire correspondant au média ou au canal choisi est donc indispensable.

Techniquement, la prise de vues réelles, la publicité, l’animation 2D, la 3D, le web ou le jeu vidéo n’impliquent pas les mêmes procédés. Il faut avoir une bonne connaissance de la chaîne de fabrication, dessiner les vignettes et rédiger les indications en fonction de la technique qui va être mis en oeuvre.

Cependant, il arrive que ce soit le client qui ne connaisse pas bien la communication ni la technique. Il faut alors comprendre sa demande, préciser ses réels besoins et mettre en forme son projet comme il l’imagine.

Dans tous les cas, il est impératif de parler le même langage !

Je considère aussi que la polyvalence et l’éclectisme sont de réels atouts.

En parallèle de cela, de bonnes connaissances de l’anatomie, de la perspective, de la composition picturale, de l’histoire de l’art et du graphisme et des différents genres de narration sont nécessaires.

Elles permettent de varier, graphiquement et narrativement, le style en fonction du projet.

 strip sur la vie de storyboarder

Ce qui a changé en 30 ans dans la vie du Storyboarder, selon Rémy Brenot

 

Quelles sont les étapes d’un storyboard ?

Il y a 3 phases principales du storyboard :

  1. La mise en forme des idées : en général de simples esquisses suffisent,
  2. La communication : c’est une phase d’échange avec l’équipe et/ou le client durant laquelle le storyboard est développé     artistiquement et techniquement et où les décisions sont arrêtées,
  3. La production : le storyboard devient l’outil de référence pour tous les départements à chaque étape de la fabrication (pré-production, fabrication et post-production).
     

J’insiste sur ce terme “d’outil de référence” car le storyboard permet d’avoir une vue globale. On peut ainsi, identifier les implications, sur la chaîne de production, d’une modification, durant la phase de fabrication.

 

Tu enseignes donc le storyboard à des professionnels dans le cadre d’une formation continue. Peux-tu nous en dire plus sur ta pédagogie ?

Mon enseignement est basé sur la théorie, la connaissance technique et surtout la pratique.

Comme il n’existe pas de recettes du storyboard, les échanges durant la formation sont très importants.

Les stagiaires réalisent beaucoup d’exercices afin d’être confrontés à des situations différentes. La durée de la formation leur offre le luxe de faire des expérimentations.

Plus globalement, j’essaie de rendre le cours vivant tout en conservant un objectif professionnel.

Mon but est de leur faire gagner du temps sur l’apprentissage afin qu’ils puissent se concentrer sur le plus important : la création.

storyboard d’une publicité truvia

Board d’une publicité pour Truvia - The Truvia Company, tous droits réservés

 

À qui s’adresse cette formation ?

Les profils des stagiaires sont très variés. Je croise ainsi :

  • Des professionnels de l’animation qui veulent se réorienter ou acquérir une nouvelle compétence,
  • Des Scénaristes et des Réalisateurs de documentaire, de TV, de publicité, de clips, qui veulent pouvoir discuter directement de leurs idées avec les financeurs ou les équipes de tournage,
  • Des Responsables de service de communication qui ont un rôle d’interface entre les décisionnaires à l’origine d’un projet et les artistes et techniciens qui vont le mettre en forme.

 

Si tu avais un conseil à donner à un futur Storyboarder ?

Tout d’abord, soyez attentif à ce qui vous entoure, observez, apprenez !

Ensuite, travaillez, essayez et améliorez votre technique de narration et votre dessin par l’observation et la pratique.

 

 

 

Publié le 5 juin 2020

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