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Devenir journaliste reporter d'images : les conseils d'un grand reporter

Devenir journaliste reporter d'images : les conseils d'un grand reporter

Couvrir des manifestations, des expositions, de grands rendez-vous politiques ou des zones de conflit, voici le travail quotidien du journaliste reporter d’images.
Héritier d’un journalisme exigeant et de terrain, il se distingue souvent par l'éventail large de ses compétences couvrant : l'écriture audiovisuelle, la prise de vues et le montage vidéo. Il devient alors journaliste reporter d'images tri-qualifié.
Damien CHARTON, JRI depuis deux décennies et intervenant en formation professionnelle à GOBELINS, nous présente son métier dans le cadre d’une interview très riche en enseignements.
Vous souhaitez devenir JRI ? De la formation aux compétences en passant par le salaire et les évolutions, Damien vous dit absolument TOUT !

 

Damien, pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre parcours ?

 Je m’appelle Damien CHARTON, j’ai 45 ans dont 20 ans de métier dans le journalisme exercé auprès d’agences de presse et de chaînes de télévision internationales.

J’ai un parcours un peu atypique puisqu’après mon Bac, j’ai eu un Diplôme d'Etudes Fondamentales en Architecture (DEFA) à Paris la Défense puis j’ai suivi un DEUG d’histoire, option Infocom, à Lyon. Mais j’ai surtout fait ma première pige photo à l’AFP en 1994 pendant mes études

Je photographiais les manifestations parisiennes depuis quelques mois, les grèves, le CIP...  J’ai appris où me placer, à ne pas me faire arrêter ou blesser. Et un jour, je suis directement allé à l’AFP avec mes négatifs couleurs. J’ai eu ma première pige. 400 francs il y a 25 ans, j’étais très fier, car très admiratif des photographes de l’Agence France Presse. 

J’ai toujours été passionné de photo et de laboratoire, cela m’a beaucoup appris en technique et en cadrage. J’ai passé mes années de collège, de lycée et même de fac dans leurs labos photo.

 

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Photo : Damien CHARTON, JRI et grand reporter, tournage au Açores pour l’AFP Services

 

Après mes études, je suis parti travailler à Londres chez Bloomberg qui venait de lancer une chaîne de télévision financière en continu. C’était très avant-gardiste. C’était en 1998 et nous étions déjà en numérique.

J’ai fait six mois de stage payé comme journaliste producteur. Je ne connaissais pas grand-chose à la finance mais j’ai vite appris. Embauché ensuite comme journaliste - rédacteur, j’ai eu ma première carte de presse (anglaise) en 1998
J’ai donc d’abord appris le journalisme PUIS la caméra. 

 

Personnellement, je conseille d’apprendre ainsi : d’abord à écrire pour la télévision puis commencer à tourner. 

 

Bloomberg était en contrat avec l’AFP dont des journalistes présentaient les infos “géné” (générales dans le jargon) depuis un studio place de la Bourse. Beaucoup de talentueux journalistes se sont formés ici et là bas, d’Anne-Sophie Lapix à Julian Bugier en passant par Hala Gorani de CNN.
J’y ai acquis des connaissances précieuses puisque j’ai pu m’essayer au montage, au commentaire sur images, à la présentation radio et TV en direct, et à la caméra pour mes premiers reportages sur le terrain. 

 

Dans ce métier, il faut savoir tout faire, toucher à tout, aller là où il y a du travail et se former tout au long de de sa carrière.

 

La formation initiale n’est rien sans la formation continue dans un métier en perpétuelle évolution. On ne réalise pas un sujet news aujourd’hui comme on le faisait il y a vingt ans. 
Les caméras se sont miniaturisées, les logiciels de montage ont évolué (Première, Avid et Final Cut en tête), les systèmes d’exploitation des chaînes aussi (Dalet, inews) ainsi que les systèmes de diffusion en direct (Aviwest, Live U, Bgan sat). 

Après ces cinq années passées outre-Manche, j’ai réalisé un tour du monde de deux ans qui m’a permis de ramener des dizaines d’heures de vidéo dans mes valises, de connaître un peu mieux le monde aussi et surtout de m’en sortir dans toutes les situations. 
J’ai ensuite été JRI correspondant à Lyon pour l’AFP TV, et rédacteur pigiste chez EuroNews pendant un an. 

France 24 s’est créé en 2006. J’ai postulé, ils m’ont embauché comme JRI et je suis monté à Paris. « Un tour du monde ça se fait encore ? » m’a dit le grand patron au dernier entretien d’embauche, l’œil pétillant de celui qui a fait cela dans sa jeunesse. 
Pendant trois ans, j’ai couvert tous les sujets d’actualité classiques à Paris et ai pu faire du grand reportage à l’étranger. 
Faire partie d’une rédaction au service reportage apporte beaucoup. On apprend énormément entre collègues, en toute bienveillance. S'entraider est essentiel dans cette profession, ceux qui jouent seuls ou les opportunistes ne durent jamais longtemps. 

Sur les zones de conflit c’est d’ailleurs un devoir d’aider un collègue en peine, même s’il a juste perdu son chargeur ou que sa caméra a un problème. 
De 2010 à 2016, j’ai voulu repasser indépendant pour avoir plus de liberté et monter une micro-structure. 

J’ai décroché des marchés publics et réalisé des films institutionnels pour des ministères, le CNRS, tout en continuant à piger pour des agences de presse comme JRI. 

C’est également à ce moment que je suis devenu expert - formateur, pour Canal France International puis à GOBELINS. Ma première intervention à l’Ecole de l’image pour la formation Journaliste Reporter d'Images tri-qualifié remonte à 2011. Je l’anime toujours actuellement.

 

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Photo : Durant la formation GOBELINS JRI tri-qualifié, festival Africolor.

 

À ce jour, je suis grand reporter titulaire auprès d’une chaîne d’actualités internationale, c’est une évolution classique dans le métier pour ceux qui veulent rester sur le terrain. D’autres deviennent rédacteur en chef reportage. 

 

 

Qu’est-ce qu’un journaliste reporter d'images (ou JRI) ?
 

Le journaliste reporter d'images est un journaliste spécialisé dans la télévision, capable de réaliser seul ou avec l’aide d’un rédacteur un reportage TV.
Passionnés d’actualité, d’images et de sons, notre but est de raconter une histoire en « transportant le spectateur sur notre épaule », en réalisant parfaitement des images et des sons qui contiennent des informations.
Hiérarchiser, sélectionner, monter clairement nos reportages en respectant les règles audiovisuelles, c’est notre métier. 
Il y a un volet pédagogique aussi. Il faut savoir expliquer ce que l’on fait et pourquoi ainsi que nos règles déontologiques lorsque l’on est malmené dans les manifestations de Gilets Jaunes par exemple. 

Le JRI est une spécificité française. Là où en Grande-Bretagne, en Russie ou aux Etats Unis les chaînes font appel à des opérateurs de prise de vues (OPV), le JRI français sera idéalement tri-qualifié.

Par déformation professionnelle, je vais avant tout parler du JRI tri-qualifié spécialisé dans les sujets courts pour la télévision (1min15 ou 2min30) qui travaille comme salarié dans la rédaction d’une chaîne d’information en continu. C’est une très bonne école. 

Mais il existe bien d’autres formats pour des sujets magazines plus longs de 13, 26 ou 52 minutes et qui constituent le top du métier.

 

Maîtriser le sujet court est INDISPENSABLE pour prétendre un jour travailler sur des formats plus longs.

 

Le documentaire est une variante mais ce n’est pas tout à fait la même profession, surtout au niveau du temps d’exécution et de la contrainte journalistique. Le JRI est là pour rapporter des faits vérifiés. Il ne met aucunement en scène ce qu’il filme et ne donne jamais son avis.

Note : pour découvrir le métier de documentariste, consultez notre interview de Rebecca Boulanger, réalisatrice de documentaires et également formatrice à GOBELINS.

Enfin, il ne faut pas confondre Infotainment et journalisme. Des programmes comme Quotidien ou TPMP peuvent faire appel à des JRI pour certaines séquences mais recourent la plupart du temps à des OPV travaillant sous le statut d’intermittent du spectacle. Travailler tantôt comme OPV et tantôt comme JRI peut poser problème pour le renouvellement de la carte de presse car ce sont deux statuts bien différents. 

Personnellement, je conseille au JRI de demander sa carte de presse qui le protège en France comme à l’étranger s’il est contrôlé ou arrêté (voir conditions d’attribution sur le site de la CCIJP). C’est à la fois un document officiel et un outil de travail.
 

 

Quelles sont les missions d’un JRI ?

Le journaliste reporter d'images a pour objectif d’illustrer par l’image et le son un sujet d’actualité ou un magazine à destination de la TV, d’un site web ou des réseaux sociaux.

Il utilise donc différents médias mais aussi son stylo, son bloc-note et son téléphone, pour ensuite monter son sujet sur son ordinateur portable. 

Et ce n’est pas tout ! Il doit aussi :

  • Proposer des sujets originaux,
  • Penser à leur réalisation en termes d’images et de sons, 
  • Proposer et défendre un court synopsis auprès de ses rédacteurs en chef,
  • Planifier ses interviews, 
  • Tourner en séquences, 
  • Réaliser seul ou en binôme ses interviews, savoir monter en cut (plans collés les uns aux autres sans transition), 
  • Capter suffisamment d’images pour monter un sujet de 1min30 par exemple (qui constitue le format de base et celui que j’enseigne à GOBELINS),
  • Dérusher (sélectionner les vidéos à utiliser lors du montage), monter + écrire le sujet, 
  • Voicer (poser sa voix) sur les images, mixer et exporter la production,
  • Valoriser son travail sur les réseaux sociaux (une évolution récente du métier), 
  • Savoir écrire et présenter un court duplex – donc passer devant la caméra – ou un walk and talk (discuter en marchant), au cas ou le rédacteur / présentateur ne serait pas là !

Actuellement, il est plus courant pour le JRI titulaire d’une chaîne d’information de ne réaliser “que” les images et les sonores, de filmer des plateaux et d’assurer la transmission via Aviwest ou Live U (solutions de diffusion).

Être JRI, c’est un vrai travail d’équipe :

  • Entre les journalistes sur le terrain et ceux qui nous guident depuis la chaîne (les producteurs et les responsables d’éditions). Chaque sujet doit être validé et visionné par le rédacteur en chef avant d’être diffusé, pour éviter toute erreur à l’antenne qui peut amener la chaîne à recevoir avertissement ou amende du CSA,
  • Sur le terrain même où l’on additionne ses compétences, on est dans le même bateau sur le même sujet, où on partage les responsabilités dans les bons et les moins bons moments.

 

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Photo : En reportage magazine à Cuba

Le JRI travail pour le téléspectateur, sous la responsabilité du rédacteur en chef qui :

  • Passera commande du sujet auprès du JRI qui sera libre de le traiter comme il le souhaite avec l'accord de la rédaction,
  • Précisera en amont la durée, le format, le temps de fabrication et la livraison PAD (Prêt A Diffuser),
  • Validera son script parfaitement rédigé (comportant un lancement, une accroche, une chute, des sonores scriptés avec le nom et la fonction des personnes interviewées à faire apparaître en synthé),
  • Le guidera en définissant précisément l’angle du sujet avec le JRI,
  • Répondra à ses questions, interrogations, au moindre doute sur la pertinence ou la véracité d’une information récoltée (en agence, il faut trois sources différentes pour diffuser l’info, trois personnes témoins de l’événement).

Il faut savoir que les agences types AFP, Associated Press ou Reuters fournissent l’information brute aux chaînes de télévision et journaux qui sont leurs abonnés. 
La moindre erreur ou imprécision serait directement répercutée sur plusieurs dizaines de médias ayant repris l’info.
Comme tout journaliste, le JRI vérifie aussi l’info et recoupe les faits avant d’envoyer ses images. Si une personne raconte quelque chose de très improbable, l’interview est jetée à la poubelle ou conservée s’il s’agit d’un scoop (mais il faut être vraiment sûr de sa source).

 

 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Tout d’abord pour ne pas être assis derrière un bureau ! Pour le journaliste reporter d'images, aucune journée ne se ressemble.
Par exemple :

  • Le lundi je couvre une manifestation de médecins urgentistes, 
  • Le mardi je suis à Notre-Dame de Paris pour faire le point sur la possible contamination au plomb, 
  • Le mercredi je pars dans la Meuse pour interviewer un agriculteur BIO et les conséquences pour lui des accords de libre échanges, 
  • Le jeudi je me rends à l’ambassade d’Afghanistan à Paris pour demander un visa afin de  couvrir les élections à Kaboul dans un mois, 
  • Le samedi, j’assure les manifestations des Gilets jaunes à Lyon.  

Pour les voyages également. J’ai eu l’occasion de me rendre dans 60 pays durant ma carrière. Le métier permet un enrichissement permanent de sa culture personnelle. 

J’ai ainsi passé trois semaines au festival de Cannes à travailler le jour et à voir des films la nuit, j’ai suivi le forum de Davos, les déplacements officiels du Président Sarkozy au Mexique, en Algérie, à Moscou, je suis parti un mois au Ghana avec un collègue anglophone et arabophone pour couvrir la Coupe d’Afrique des Nations avec France 24... 

Je me suis également rendu plusieurs fois à Jérusalem et Gaza dès 2006 ou j’ai commencé à comprendre le conflit israélo-palestinien. C’est même devenu une de mes spécialités. 
 

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Photo : Damien CHARTON à Gaza en mai 2018

 

J’y suis retourné en mai dernier pour sept jours de reportage. Cela a été violent, il y a eu soixante morts en trois jours mais c’était mon quatrième reportage là-bas donc je n’ai pas paniqué sous mon gilet pare-balles. Je pourrais y retourner demain s’il le fallait.

 

Aller sur le terrain pour bien saisir les enjeux n’est pas une option, c’est une obligation de reporter. « Si tu n’as pas l’image, c’est que tu es trop loin, alors rapproche-toi ». 

 

« Dans ce métier, tu as la chance de pouvoir parler à des personnes avec qui tu n’aurais probablement jamais échangé dans la vie », je dis souvent cela aux stagiaires qui m’accompagnent, et qui tendent le micro pour la première fois. 
Un jour un SDF, le lendemain un président, mais aussi beaucoup de rencontres humaines, tout en gardant toujours ce filtre de témoin qui vérifie la véracité des faits. 

Et enfin, pour l’aspect artisanal du métier puisque l’on part d’une idée que l’on affine, que l’on travaille, que l’on prépare pour la transformer en reportage. Et que l’on termine en “conférence critique de rédaction” à visionner son sujet entre collègues pour écouter les conseils de ses pairs, prendre du recul sur sa production et chaque jour s’améliorer.

 

 

Quelles compétences faut-il pour devenir journaliste reporter d'images ?

Le JRI est un véritable couteau suisse un peu geek

D’un point de vue technique, il est tout d’abord journaliste et apprend par la suite à :

  • Se servir d’une caméra de poing voire d’un téléphone portable bien équipé,
  • Maîtriser les logiciels de montage tels qu’Adobe Premiere ou Final Cut, et le matériel de transmission léger type Aviwest,
  • Réaliser une production dynamique et équilibrée faisant la part belle aux sons d’ambiance.

D’un point de vue plus personnel, il doit :

  • Être très débrouillard, 
  • Ne jamais cacher quelque chose ou mentir. L’honnêteté est la base du métier, 
  • Savoir travailler vite et sous la pression,
  • Être doté d’une solide culture générale, surtout pour le News,
  • Savoir rédiger des questions courtes et mener des interviews en autonomie, 
  • Savoir écrire, choisir ses mots et maîtriser parfaitement la langue française, s’exprimer en anglais correctement. Maîtriser une autre langue est un avantage sérieux,
  • Être créatif et ne JAMAIS copier ce qui a déjà été fait. Écouter ses pairs et prendre exemple sur ses aînés est primordial (les DVD du prix Albert Londres disponibles en bibliothèque sont d’excellentes références),
  • Savoir se maîtriser car il représente toute une profession,
  • Observer une éthique exemplaire,
  • Connaître les droits et devoirs du journalisme, dont le droit à l’image.

 

Concrètement, un JRI accompli doit être en mesure de monter un sujet de 1min30 en zone de conflit à partir de 4 minutes de rush et en 30 minutes de tournage. Dans ce cas, on parle du JRI de 50 ans, celui qui a tout vu et tout fait. 

 

Il faut garder en tête que, pour atteindre un bon niveau, le JRI a été confronté à presque toutes les situations : du concert de Patrick Bruel ou les fans crient dans le micro, à l’interview avec la porte des toilettes qui grince, en passant par le bruit de la fontaine…

Pour atteindre ce niveau, on estime qu’il faut environ trois ans de travail quotidien afin de ne plus faire d’erreur et de pouvoir obtenir en toutes circonstances LA bonne image, à savoir : 

  • Une image qui a du sens,
  • Dotée d’une bonne exposition et d’une bonne balance des blancs,
  • D’une netteté et d’une stabilité impeccables,
  • Avec une prise de son excellente.

 

 

Quelle formation faut-il suivre pour être journaliste reporter d’images ?

Dans l’idéal, la formation du JRI passe par l’une des 14 écoles de journalisme reconnues par l’État en prenant l’audiovisuel comme spécialité. Le diplôme de ces écoles peut alors donner accès à une carte de presse “stagiaire”. 

L’évolution du métier de rédacteur par exemple vers celui de JRI est aussi possible. C’est ce que permet justement la formation que j’anime à GOBELINS.

Mais on rencontre toujours des électrons libres venant d’horizons divers (commerciaux, publicitaires, interprètes et même militaires) qui peuvent rapidement devenir très talentueux car très motivés !

Cependant, la meilleure école reste avant tout le terrain. Les manifestations sont par exemple un excellent exercice puisqu’il s’y passe une quantité d’événements en peu de temps. 
 

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Photo : Couverture d’une manifestation durant la formation GOBELINS JRI tri-qualifié

 

Elles peuvent constituer une très bonne opportunité de réaliser un sujet à blanc en début de carrière dans l’optique d’être embauché (à présenter comme un CV).

Travailler sa condition physique tout au long de sa carrière est aussi fondamental. Le JRI doit quotidiennement transporter du matériel. 
Faire du sport et s’entretenir est donc indispensable pour éviter le mal de dos, de genou ou les tendinites, très courantes dans la profession.

Le métier comporte aussi des risques, en particulier en zone de conflit. Il est bon d’avoir son brevet de secouriste et de suivre la formation dispensée à Collioure par les militaires pour les journalistes, ou via France Media Monde en session d’une semaine en formation privée (financement via son CPF - compte personnel de formation). 

« Si les français y sont, faites demi-tour », c’est ce que nos collègues anglais disent de nous sur le terrain… Les reporters de guerre français ont la réputation d’être un peu des têtes brûlées.

Malheureusement, plusieurs journalistes sont décédés ces dernières années, souvent par un triste concours de circonstances. Mais être sur une ligne de front en t-shirt avec une caméra (qui de loin ressemble à une arme) comporte des risques.

Ces risques, il faut les mesurer, se former, être accompagné les premières fois d’un senior qui vous expliquera ce que vous pouvez faire ou ne pas faire. 

 

Quels sont le salaire et les perspectives d’emploi du JRI ?

En moyenne, le salaire du JRI en contrat (CDD ou CDI) oscille entre 2000 et 4000€ bruts par mois. Le montant sera bien évidemment fonction de l’expérience et de l’employeur.

La carte de presse donne une augmentation automatique de son salaire avec une prime d’ancienneté de 3% au bout de 5 ans, 6% au bout de 10 ans, 9% au bout de 15 ans et 11% au bout de 20 ans.

Les piges, quant à elles, sont généralement rémunérées 200€ bruts par jour, le matériel étant fourni par l’employeur, ce qui est un bon moyen de travailler avec du très bon équipement. 

Il est fréquent que le JRI travaille plusieurs années pour de multiples employeurs avant d’obtenir un CDD puis un CDI.

 

Même si le marché est tendu, JRI reste l’un des métiers les plus porteur du journalisme de télévision puisqu’il nécessite de savoir écrire, filmer et monter. C’est une spécialité prisée et respectée dans la profession.

 

C’est pour cela que le journaliste reporter d'images possède des perspectives d’emploi intéressantes avec la possibilité d’évoluer vers le documentaire, de devenir rédacteur ou présentateur TV et même rédacteur en chef vers 40 ans. 

Certains se tournent aussi vers l’institutionnel et, forts de leur réseau, créent leur société de production, qui réalise des magazines voire des documentaires et des films pour les entreprises en général. Mais là on passe sur un métier de chef d’entreprise. 

En termes de statut, le JRI est titulaire d’une carte de presse et n’est donc pas intermittent. Il y a environ 35 000 cartes de presse en France mais les reporter d’images sont moins d’un millier.

 

 

Avez-vous une œuvre ou un fait marquant à partager ?

Plusieurs temps forts me viennent en tête : 

  • Les campagnes présidentielles et leur dénouement, filmer le président élu à moto,
  • Mon premier reportage à Gaza bien sûr où j’ai dû filmer mes premiers morts, les tirs sur l’hôtel, la solidarité entre journalistes internationaux, la possibilité d’apprendre beaucoup auprès de grands reporters, souvent très humbles, comme Javier Espinosa de El Mundo,
  • Les captations réalisées durant mon tour du monde en 2004/2005 ainsi que toutes les expériences humaines / les situations tendues que j’ai pu vivre en Colombie ou au Honduras et qui m’ont également été très précieuses en reportage par la suite. Il faut avoir la tête froide lorsque l’on passe des barrages d’hommes armés sans uniformes.

 

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Photo : A Malaka avec mon JRI local, à la frontière israélienne à l’est de Gaza ville. 

Enfin, je reste aujourd’hui très influencé par le travail de plusieurs rédacteurs en chef et grands reporters tels que Liseron Boudoul, Marc Cantarelli, Grégoire Deniau, Roméo Langlois ou Gwen Le Gouil. Les trois derniers ont reçu le prix Albert-Londres, la référence de notre profession. Ils ont tous des qualités et des valeurs humaines indiscutables et sont toujours prêts à aider un confrère. 

A lire enfin, les livres de Rudyard Kuczynski et le film d’animation « Another day of life » ;  les récits d‘Albert Londres et les magazines de vidéo pour bien assimiler la technique des caméras, des capteurs et leurs évolutions.

Un immense merci à Damien Charton pour son temps et pour avoir partagé avec nous son savoir et ses précieux conseils.

 

Publié le 9 octobre 2019

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