Chasseur d’affiches… ainsi pourrait-on qualifier Alain VATAR pendant les "événements" de Mai 68. Âgé de 34 ans à cette époque, il se retrouve au milieu d’un Paris paralysé par les luttes entre étudiants et forces de l’ordre. Á la marge des foyers révolutionnaires, l’École des Beaux Arts par exemple, rebaptisée pour l’occasion "Atelier Populaire ex École des Beaux Arts", Alain VATAR battait le pavé à la recherche de trésors pour la plupart sérigraphiques, dont la forte créativité graphique collait à l’événement.
Rôdant tel un prédateur des jours et des heures durant autour d’une affiche qui le fascinait, Alain VATAR n’hésitait pas à braver tous les dangers que son statut de chasseur d’images impliquait. Comment ne pas sourire à l’évocation de la prise d’un de ses plus fameux trophées, le célèbre "CRS à la matraque" ? Il a méthodiquement détaché ce brûlot au nez et à la barbe des… CRS postés autour de l’École des beaux-arts !
La passion d’Alain VATAR pour ces affiches réside dans la force évocatrice de cet art spontané dont les créateurs restent anonymes. Il a conservé de Mai 68 cette collection unique. Chacun de ces témoins exceptionnels incarne un message de Mai 68, depuis le célèbre "la chienlit, c’est lui" au "Pépé Pépègre", jusqu’à "Frontières = répression".
Alain VATAR met un point d’honneur à conserver et à exposer ses images et ses textes, qui exprimèrent violemment l’esprit même de Mai 68. Ce fut pour lui, durant cette période, le "bonheur total".
Exposition du 7 mai au 17 juin 2008, du lundi au vendredi, de 10 heures à 18h.
GOBELINS, l'école de l'image, 73 boulevard Saint-Marcel, 73013 Paris.
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